Conseil Régional : questions à Mireille Dubois
Interview de Mireille Dubois, Conseillère régionale sur le thème de l'agricultureFMT22 : Dans quel domaine agit le Conseil Régional en terme d’agriculture ?
MD : « Il convient de rappeler la réalité économique qu’elle représente en deux chiffres :
Bruxelles verse 570 millions d’€ à l’ensemble du secteur, toutes filières confondues.
A comparer au budget de 21 millions d’€ de la Région Bretagne. Les moyens financiers montrent les limites de l’exercice.
Les moyens étant ce qu’ils sont, c’est-à-dire modestes, ils ne laissent guère de marge de manœuvre.
Du coup les priorités politiques sont clairement affichées.
- le soutien affirmé à l’agriculture biologique ou au système herbager extensif, les 2 agricultures étant traitées sur le même pied
- les mesures incitatives pour changer les pratiques agricoles avec les principaux programmes agro-environnementaux, lutte contre les pollutions phytosanitaires,...
- la politique pour économiser l’énergie et mettre en œuvre des solutions alternatives. Si les panneaux photovoltaïques sur les hangars agricoles encouragées par l’Etat relèvent d’une logique imparable, les conditions dans lesquelles les subventions sont allouées restent obscures. Pour qu’un projet soit éligible, nous dit-on, il faut une démarche globale. Une fois que l’on a dit cela, on n’a rien résolu et les réponses reçues en cas de refus restent évasives.
- l’aide à l’installation des jeunes : elle a toujours existé et reste dans la lignée de ce qui existait précédemment.
- l’accompagnement marqué aux modes de productions agrobiologiques et soutien de filières de diversification à forte valeur ajoutée.
- et enfin le soutien traditionnel aux industries agro-alimentaires
Toutes ces interventions sont soumises à des règles édictées par l’Union Européenne. Elles entrent obligatoirement dans un cadre national préétabli. La politique régionale peut accentuer telle ou telle politique en fonction de ses propres choix politiques tout en devant respecter les directives européennes qui s’imposent suivant en cela le principe de subsidiarité. »
FMT22 : L’agriculture est aujourd’hui pointée du doigt avec le dossier des algues vertes et plus largement la question de l’environnement. Quel est votre sentiment sur cette tornade médiatique ? appuyée par certains élus dont Thierry Burlot.
MD : « Cette question doit être traitée sereinement. Ce n’est pas en stigmatisant la profession agricole comme le font certains élus que l’on facilitera le règlement du problème. Parce que celui-ci pose de façon redoutable l’avenir de l’agriculture dans notre Région. Si je comprends le désarroi des maires pour avoir vécu cette situation de plages couvertes d’algues vertes, à y regarder de près, je crois qu’il faut savoir raison garder et mesurer les conséquences désastreuses d’une remise en cause brutale des pratiques conventionnelles. L’agriculture et l’industrie agroalimentaire sont les richesses premières de notre Région. En temps de crise chacun se plait à le reconnaître. Mais l’habileté politique qui consiste à jouer sur tous les tableaux ne pourra illusionner longtemps les bretons qui ont du bon sens. L’agriculture est à notre Région ce que fut le textile au Nord et la métallurgie à l’Est. On a vu ce qu’il en advint.
Or, notre Région est confrontée au devenir de son cœur de métier. L’oublier serait suicidaire.
Les responsables syndicaux de leur côté doivent veiller à faire évoluer leurs pratiques afin qu’elles soient écologiquement supportables !. »