Déplacement dans l'Allier de Nicolas Sarkozy sur le thème de l'agriculture

Publié le par Vincent Jégou

« En venant ici, j’ai conscience de la difficulté des éleveurs »

Jeudi 25 novembre, Nicolas Sarkozy a choisi l’Allier pour rencontrer les éleveurs de bovins et l’ensemble des acteurs d’un monde rural en pleine interrogation sur son avenir.


A Isserpent (Allier), à 600 mètres d'altitude en zone défavorisée,
Louis et Odile Salles , Richard et Nathalie Brun, dans l'attente
de la visite de Nicolas Sarkozy, de Bruno Le Maire et de Brice
Hortefeux (ministre de l'Intérieur). (© TNC)

A Isserpent, le président de la République a visité l'exploitation de la famille Salles et de la famille Brun, dirigée par Odile (57 ans) et Nathalie (34 ans) en gaec.

Sur 190 ha, elles élevent un troupeau de 140 vaches allaitantes de race charolaise et sa suite. Une cinquantaine d'animaux par an sont vendus comme reproducteurs.

A Mayet-de-Montagne, la table ronde, à laquelle étaient invités les élus locaux et les responsables professionnels du canton et du département, était axée sur les niveaux de prix des carcasses de bovins viande, auxquels les éleveurs vendent leurs animaux.

L'observatoire des marges et des prix, la mesure la plus pertinente pour l'agriculture

« Des cours inchangés depuis 12 ans alors que la marge des distributeurs a augmenté de 2 euros. Cette évolution de la répartition est inacceptable et justifie, une fois de plus, de se doter d'un observatoire des marges et des prix performant. Celui-ci constituera la mesure la plus utile et la plus pertinente pour l'agriculture », a assuré le président de la République.

« Si la grande distribution ne réduit pas ses marges, nous sommes prêts à créer une taxe », a ajouté Nicolas Sarkozy, revenant sur la loi de modernisation de l'agriculture. A propos de l'accord du 10 novembre sur les prix de carcasses, le président a enfin confirmé qu'il ne se contentera pas de la maigre hausse obtenue. Il compte sur l'action de son ministre de l'Agriculture pour tout mettre en œuvre afin de l'amplifier et, ainsi, de valoriser la qualité du travail des éleveurs, refusant que les cours soient indexés sur ceux des vaches de réforme.

Relancer l'engraissement


Nicolas Sarkozy parmi les bâtiments d'élevage,
devant une mélangeuse en action.
(© TNC)

Les autres points de la loi de modernisation, sur lesquels le président puis Bruno Le Maire sont revenus, sont la couverture assurantielle et la contractualisation, pour laquelle ils n'excluent pas «la création d'une caisse de péréquation pour garantir un minimum de prix ». « Pourquoi les éleveurs ne couvriraient-ils pas leurs achats d'aliments comme le font les céréaliers pour vendre leurs céréales ? », s'interroge Nicolas Sarkozy.

Durant la table ronde, le président est revenu sur les annonces faites par Bruno le Maire au Space en septembre dernier (Ndlr : 300 millions d'euros pour réorganiser les filières viande par exemple). Autre annonce de portée nationale : la relance de l'engraissement.

Les 100.000 euros annoncés au Space pour y parvenir pourraient n'être qu'un début, si cette production permet de maintenir de la valeur ajoutée dans les exploitations. Le gouvernement financerait, par ailleurs, des campagnes de promotion pour relancer la consommation de viande de qualité, mais aussi pour lever les barrières sanitaires imposées par certains pays importateurs et assimilées à des mesures protectionnistes.

 

TNC Frédéric Hénin
Nicolas Sarkozy envisage la création d’une organisation internationale de l’agriculture

A Mayet-de-Montagne, selon Nicolas Sarkozy, les difficultés des éleveurs de bovins viande qu’il a rencontrés justifient une organisation mondiale de l’agriculture.


Visite de l'exploitation du Gaec
conduite par Nathalie et Odile.
(© TNC)
Les problèmes de l'élevage bovin ne s'expliquent pas seulement par des problèmes de compétitivité. A Mayet-de-Montagne, Nicolas Sarkozy, qui a animé une table ronde après avoir visité une exploitation d'élevage à Isserpent, a assuré que la solution aux difficultés des éleveurs bovins est à Bruxelles, dont il attend « une réforme de la Pac plus juste, qui donne la priorité aux prix rémunérateurs », mais aussi une préférence communautaire renforcée et une concurrence équitable au niveau européen.

Le président a dénoncé le projet social allemand inadmissible, qui conduit à faire travailler pour des salaires de misère des ressortissants des pays de l'Est. Il souhaite que le G20 soit aussi l'occasion d'envisager une fiscalisation des marchés des matières premières et de leurs dérivés. Et de créer une organisation internationale agricole, missionnée pour réguler la production agricole à l'échelle mondiale (avec comme objectif d'éviter les surproductions et les sous productions). Cette organisation serait, en quelque sorte, un premier pas pour sortir l'agriculture de l'Omc.

Le président a aussi proposé de mettre en place une instance internationale indépendante, chargée de faire un état régulier des stocks de produits agricoles. Une mesure qui éviterait les mouvements de panique, observés au début de l'été, sur les marchés céréaliers.

TNC FH
Source : AGRISALON
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