"Pac 2013 : pour une rénovation ambitieuse" par Guy Vasseur

Publié le par Vincent Jégou

Source : Point de vue Ouest France du 18 novembre 2010

 Point de vue de Guy VASSEUR, Président de l'APCA

 

Les jours à venir vont être essentiels pour l'agriculture française et européenne.

Les tensions n'ont jamais été aussi fortes au sein des filières notamment en élevage. Nombre d'agriculteurs souffrent en silence, confrontés à une crise économique sans précédent. Le consommateur semble parfois désorienté par une offre alimentaire, abondante certes, mais jugée parfois vide de sens et de saveurs. L'exercice auquel la Commission va se livrer dans les prochains jours est crucial ! C'est en effet cette semaine qu'elle va dessiner les contours et les principes de la Politique agricole commune de l'après 2013.

Nous avons, dans les Chambres d'agriculture , engagé une large consultation des différentes parties prenantes : agriculteurs, syndicats agricoles, filières agricoles et agro-alimentaires bien évidemment mais également consommateurs, ONG environnementales, partenaires territoriaux. Nous avons acquis la conviction profonde que nous avions plus que jamais besoin d'une Pac forte, européenne et conciliant agriculture , alimentation et territoires.

Cette nouvelle Pac devra permettre à tous les agriculteurs de répondre aux nouveaux enjeux

pour lesquels leur engagement est essentiel. Nous voulons évidemment parler d'alimentation

mais également d'équilibre de territoires, de dépendance énergétique et de préservation des

ressources naturelles. Cette nouvelle Pac devra permettre de conjuguer performance

économique et environnementale tout au long de la chaîne alimentaire, du paysan au

consommateur.

Cela suppose 3 conditions :

Tout d'abord, stopper le démantèlement des outils de régulation auquel nous avons assisté

lors des 20 dernières années, et instaurer de vrais filets de sécurité flexibles et efficaces pour

toutes les productions. Il s'agit également de développer les politiques contractuelles au sein

des filières. L'enjeu alimentaire ne peut être laissé aux seules mains du marché.

Ensuite, fonder les soutiens à l'agriculture sur le niveau élevé d'exigences que nous lui

conférons en Europe. Une alimentation diversifiée et de qualité, une

agriculture

garante de l'équilibre des territoires et de la préservation des ressources naturelles ne vont pas de soi !

C'est un vrai modèle de société qui suppose un engagement collectif et des soutiens

significatifs et modulables, en fonction des territoires et des enjeux qui s'y expriment : zones

de montagne, zones défavorisées, zones péri-urbaines, zones vulnérables sur le plan

environnemental, nouveaux Etats-membres. Cela passe aussi par une harmonisation sans

faille des normes au niveau européen.

Enfin, refonder la politique de développement rural pour plus d'efficacité économique et

environnementale. Cela suppose des mesures structurantes : mesures agroenvironnementales privilégiant une approche système, généralisation des assurances

climatiques, gestion des risques économiques, politique d'installation de jeunes

Agriculteurs

 

et de modernisation des exploitations. Cela passe également par plus de subsidiarité, pour faciliter l'émergence de projets de filières ancrées dans les territoires et la place des agriculteurs dans l'innovation.

 

Face à ces enjeux, nous espérons une communication ambitieuse de la Commission

européenne.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article